Les artistes à la recherche de la lumière

Après une visite au musée honfleurais, en particulier au cabinet réunissant les multiples études de nuages d’Eugène Boudin, une évidence s’impose : les artistes sont venus en Normandie peindre la lumière. Fascinés par le ciel, la luminosité, le vent, la pluie et leurs effets sur la mer, ils guettent les changements de temps.

Je pensais que cette fascination était propre aux impressionnistes, les premiers à sortir de leur atelier pour peindre sur le vif, mais non. Je me disais qu’avec le numérique, les artistes s’en étaient affranchis. Quelle erreur !

La photographie avec Gérald Morel

Gérald Morel, photographe qui tient la galerie Ambiances et nuances, est venu s’installer à Trouville pour cette fameuse lumière. Pour les ciels changeants, pour les reflets dans la mer, pour les trouées au milieu des nuages, pour cette électricité dans l’air les jours d’orage, pour toutes « ces choses magnifiques qui changent tout le temps ».

Il raconte qu’il faut être toujours à l’affût. Partir sous la pluie pour être prêt pour l’éclaircie. Attendre la fin de la giboulée dans sa voiture pour capturer le rayon de soleil magique. Mais, fantasque, il n’est pas toujours à l’endroit où on veut faire son cliché.

Gérard Morel ne fait pas de portrait. Il a trop à faire avec la mer, le ciel, le sable, les rochers. Que fera-t-il du pays d’Auge qu’il a commencé à explorer mais qu’il ne donne pas encore à voir ?

La peinture avec Emilie Arnoux

Dans un autre genre, avec une peinture à l’huile très peu diluée, Émilie Arnoux avoue aussi sa passion pour la lumière, le rapport entre ciels sombres et orageux et lumières très fortes.

Fascinée par la mer, les balades sur la plage, la joie des baigneurs, la simplicité des corps sous le soleil, naturels et sensuels, elle peint l’été, la piscine extérieure de Trouville, le phare, le sable, les bateaux et les pédalos, les corps en maillot de bain, le tout teinté d’une ambiance « à l’américaine » avec caravanes en métal, stations-service, palmiers…

Bien sûr, ce serait mentir de dire que les artistes d’aujourd’hui ne sont venus à Trouville que pour la lumière. Trouville, c’est aussi la maison, l’animation des touristes et le calme qui revient. L’équilibre parfait pour exercer son art et l’exposer.

Les ateliers d’artistes

On a habituellement l’image de l’artiste dont l’atelier impose une distance avec ses clients rencontrés de manière fugace lorsqu’une galerie vous expose, et maintenant les sites de vente en ligne. Mais Trouville offre une autre réalité. Celle de l’importance de discuter avec le visiteur qui franchit la porte de l’atelier ou de l’atelier-galerie. Présence parfois troublante, parfois excitante, toujours enrichissante.

Gérald Morel a conçu son atelier pour qu’une personne qui veut acheter une de ses photographies puisse choisir son papier, son format, son encadrement… Le tout avec seulement 24 heures de fabrication.

De même, les artistes cherchent à proposer plusieurs produits afin de toucher plusieurs bourses. Ainsi Émilie Arnoux, dont le carnet de commande est plein pour les trois années à venir, imprime des affiches. Ceci afin de permettre aux petites bourses intéressées par ses tableaux de ne pas repartir bredouille.