Qui ne serait pas séduit par la beauté de la plage trouvillaise et le charme de son port de pêche ? Un tableau devenu source d’inspiration de bon nombre d’artistes.

C’est Charles Mozin, un peintre parisien, qui, en 1825 découvre Trouville et a un coup de cœur pour ce petit village de pêcheurs et les paysages qui l’entourent. Il s’empresse alors de reproduire sur toiles ce magnifique spectacle et expose ensuite ses œuvres dans des salons parisiens. C’est ainsi qu’il fait connaître Trouville à d’autres artistes. Ceux-ci viennent à leur tour visiter ce petit coin de paradis et en font par la suite sa renommée.

Comment ne pas tomber sous le charme ?

Une longue plage de sable fin, de jolies nuances de bleu, une nature à perte de vue… Cela donnerait envie à n’importe qui de s’y arrêter. Les peintres ont beaucoup été inspirés par la mer et la grande plage de Trouville. Mais c’est le charme de la ville toute entière qui opère sur les artistes, qu’ils soient peintres, écrivains ou photographes.

En vous promenant, vous y succomberez vous aussi. Ses petites rues piétonnes et ses façades à colombages, ses quartiers tous plus paisibles les uns que les autres… Et le son des mouettes remplaçant le bruit des klaxons ! Une parenthèse apaisante dans une vie toujours plus agitée, qui vous donnera envie de rester.

La poésie que dégage ce lieu est indescriptible. Comme le disait Marguerite Duras, une écrivaine y ayant séjourné quasiment tous les étés pendant plus de 30 ans : « Trouville a un charme très violent. Immédiat. Je ne connais personne qui dès la première visite, ne rêve d’y revenir ».

Quelques artistes attachés à Trouville

Ces artistes y ont vécu ou séjourné et en sont tombé amoureux. Trouville était dans leur cœur et leur insufflait un vent de liberté et d’inspiration.

Charles Mozin

Charles Mozin

Un peu le Christophe Colomb de Trouville-sur-Mer, Charles Mozin est le premier artiste qui a découvert ce petit village de pêcheurs et qui l’a fait connaître à d’autres artistes. 

Peintre paysagiste parisien et peintre de marine du XIXe siècle, Charles Mozin découvre Trouvile en 1825 et a un coup de coeur pour ce petit village de pêcheurs et les paysages qui l’entourent. Il s’empresse alors de reproduire sur toiles ce magnifique spectacle et expose ensuite ses oeuvres dans des salons parisiens. C’est ainsi qu’il fait connaître Trouville à d’autres artistes. Ceux-ci viennent à leur tour visiter ce petit coin de paradis et en font par la suite sa renommée.

Il arrive à Trouville en 1825, à 19 ans, et découvre un petit port de pêche peuplé d’environ 1 500 habitants vivant au milieu de paysages merveilleux. Il s’empresse de peindre ces paysages. Il expose ensuite ses toiles dans les salons parisiens. Grâce à ses expositions, il fait découvrir Trouville à d’autres artistes, lesquels viendront à leur tour découvrir ce petit paradis. Charles Mozin, lui-même, n’hésitera pas à quitter sa notoriété parisienne toute naissante pour venir s’installer définitivement à Trouville.

En 1838, il fait en effet construire un premier chalet, habitation remarquable qui avait la forme d’un vieux manoir (il a été détruit en 1909). Le peintre en fait construire un second en 1848 qui lui existe toujours (il se situe à droite de la bibliothèque municipale). C’est au premier étage que se trouve son atelier. Il y peignait par jour de mauvais temps.

Marcel Proust

Marcel Proust

La première visite de Marcel Proust dans le Calvados fut à Trouville-sur-Mer en 1885, à l’occasion d’un séjour avec sa grand-mère à l’hôtel des Roches Noires. Très attaché à Trouville depuis, l’écrivain y est retourné plusieurs fois. Il rend visite à son amie d’enfance, madame Straus, qui y a une maison, le « Clos des Mûriers ».

Invité par l’oncle de son camarade Jacques Baignières, le financier Arthur Baignières et son épouse Charlotte invite Proust à plusieurs reprises dans leur manoir des Frémonts, situé sur les hauteurs de Trouville. Cette demeure admirablement située lui inspirera plus tard la propriété de La Raspelière où se passent de nombreuses scènes de son roman « À la recherche du temps perdu ».

Non seulement le jeune Marcel est séduit par l’ampleur des paysages et l’élégance du manoir, mais c’est à l’occasion d’un de ces séjours que le peintre Paul-Emile Blanche, ami d’Arthur Baignières, réalisera de lui un dessin au crayon qui sera suivi, un an plus tard, d’un portrait à l’huile : le fameux portrait à l’orchidée à la boutonnière, dont Proust était si fier car il y apparaît dans la fraîcheur de ses 20 ans, lumineux de jeunesse, le regard caressant, ayant acquis une conscience plus aiguë de sa personne qui dément l’image d’un adolescent gauche, mal ficelé et boudeur, tel qu’en lui-même on le surprend sur nombre de clichés de collège.

Tombant malade, ses visites se font plus rares à partir de 1906 et il se cloître à Paris en 1911 pour terminer son manuscrit « A la recherche du temps perdu ».

La côte normande lui manque et il décide de passer quelques étés à Cabourg où il séjourna au Grand Hôtel, mais il pense à Trouville-sur-Mer avec nostalgie. Il continue d’écrire à madame Straus mais ne reviendra plus à partir de 1913, leur état de santé ne le permettant plus.

Leurs rapports ne seront dès lors plus qu’épistolaires. Marcel Proust parle toujours de son « envie tendue et désespérée de venir » et de sa « peine de ne jamais voir ces Mûriers si je ne les vois pas cette année ».

Aujourd’hui et depuis 1973, Trouville-sur-Mer possède une avenue Marcel Proust qui conduit à la maison de madame Straus.

Gustave Flaubert

Gustave Flaubert

Normand, il est né le 12 décembre 1821 à Rouen. Sa mère étant originaire de Pont-l’Évêque, Trouville-sur-Mer fut le berceau de la famille Flaubert et le théâtre de ses premières rencontres amoureuses. Chaque été, la famille Flaubert venait en effet y passer ses vacances. Le petit Flaubert adorait la plage et la mer, lieu encore désert et sauvage.

C’est en août 1836 qu’il rencontre le grand amour de sa vie en la personne d’Élisa Schlésinger. Gustave se promenait à la plage et vit une superbe pelisse rouge rayée noire que la marée montante mouillait. Il la saisit et la rendit à sa charmante propriétaire : Élisa Schlésinger. Il en tombe tout de suite éperdument amoureux mais ne lui avouera que 35 ans plus tard dans une lettre d’amour.

Trouville et sa passion pour Élisa l’ont inspiré dans de nombreux romans tout au long de sa vie dont « Les Mémoires d’un Fou » et elle fut aussi l’une des héroïnes de « l’Education Sentimentale ».

Et aujourd’hui encore, la statue de Flaubert, dos au port, regarde en direction de l’hôtel Bellevue et plus précisément, dit-on, en direction de la chambre d’Élisa.

Gustave Flaubert est retourné à Trouville durant l’été 1853 alors qu’il rédigeait Madame Bovary et logeait chez un ami pharmacien, dans l’actuelle pharmacie centrale du port, sur le boulevard Fernand Moureaux.

Marguerite Duras

« J’aimerais qu’on m’appelle Marguerite Duras de Trouville » disait-elle. Elle a découvert ce « village de la mer » à 17 ans et en est tout de suite tombée amoureuse. Elle trouve en 1963 une annonce d’un appartement aux Roches Noires. Sans hésiter, elle se rend à Trouville et l’achète.

Le lieu l’inspire et, sortant d’une période difficile, elle y trouve ce « vide merveilleux » propice à l’écriture. Elle ne tarit pas d’éloge sur Trouville : « Trouville a un charme très violent. Immédiat. Je ne connais personne qui dès la première visite, ne rêve d’y revenir », disait-elle. Cette petite ville normande lui inspire plusieurs romans : « Le ravissement de Lol V. Stein », « Emily L » et « L’amour ». Elle y a aussi écrit de nombreux autres romans tels que « L’amant », « L’Été 80 », « L’Homme atlantique », « Yann Andréa Streiner »…

L’escalier d’accès à la plage qu’elle voyait depuis son balcon porte aujourd’hui son nom.

Raymond Savignac

Raymond Savignac

Avec sa femme, connue sous le diminutif de Mimi, l’affichiste avait l’habitude de venir passer des week-ends dans la station (Mimi y avait quelques amis). Ils s’y installent comme résident secondaire au cours des années 1970 et quittent définitivement Paris en 1979.

Savignac reste discret les premiers temps mais sa renommée parisienne le rattrape en 1984 lors de la réalisation de 2 projets : Le premier pour une exposition de dessins d’humour organisée par la Maison des Jeunes de Trouville, et le 2ème pour l’exposition des biscuits « Lu ».

En 1985, pour la Nuit des Funambules, il crée une affiche qui marque les esprits. C’est là que débute doucement un travail de patrimonialisation. Et c’est en 1986, grâce à sa collaboration avec le musée, que Savignac obtient sa propre exposition. Mais bien au-delà des salles de la Villa Montebello, ce sont les rues de Trouville qui profitent du talent de Savignac et se transforment en véritable musée à ciel ouvert.

C’est en septembre 2001, en présence de l’artiste, que la Promenade des Planches est rebaptisée « Promenade Savignac » en hommage à son oeuvre. Depuis, ses affiches trouvillaises y sont exposées tout le long.

Savignac décède un an plus tard, en 2002, et est enterré au cimetière de Trouville. La ville lui rend hommage en créant le circuit « Sur les Pas de Savignac », une visite pour découvrir les lieux où il a laissé ses empreintes : Des murs peints de la ville à la promenade sur les planches.

Le style de Savignac crée une rupture avec les images traditionnellement utilisées pour vanter la station. Mais on observe finalement qu’il s’inscrit logiquement dans l’image d’une ville aimée des artistes.

Ouvrez l’oeil sur les murs de ce musée à ciel ouvert qu’est Trouville, Savignac s’est amusé sur certains d’entre eux !

L’âme artistique toujours présente dans la ville

Près de deux siècles après la rencontre de Charles Mozin avec Trouville-sur-Mer, la présence des artistes qui se sont succédés dans la station est toujours bien perceptible.

Notez les panneaux qui désignent le nom des rues. Vous constaterez que bon nombre sont ceux d’artistes, tous ayant un lien avec Trouville. Vous croiserez donc par exemple une rue Charles Mozin, ainsi qu’une rue Eugène Boudin… Ou encore une avenue Marcel Proust. Avenue qui mène à l’ancienne maison de madame Straus, son amie d’enfance à qui il rendait souvent visite.

Marguerite Duras a elle donné son nom à l’escalier descendant sur la plage en bas de chez elle. Et Gustave Flaubert a une statue à son effigie ainsi qu’un hôtel en bord de mer à son nom.

Des artistes omniprésents

Depuis juin 2018, ces noms et bien d’autres encore ont fait leur apparition sur les bancs bleus de la promenade Savignac.

Flânez donc aux côtés d’un Claude Monet ou d’un Alexandre Dumas et admirez les affiches du célèbre Savignac.

Laissez-vous porter par le son des vagues et contemplez les magnifiques villas du bord de mer. Et dans une de ces villas : le musée. Vous y retrouverez toute la richesse de l’art et de l’histoire de la station.

L’authenticité de ce petit village de pêcheurs qui a tant plu aux premiers arrivants continue de charmer les nouveaux visiteurs. Les peintres, écrivains et photographes d’aujourd’hui sont tout aussi séduits que leurs ancêtres. Son riche passé culturel est précieux. Il est mis en lumière autant que possible afin que ces artistes et l’ambiance qu’ils ont apporté à la ville ne meurent jamais.

Cette atmosphère artistique vous suivra jusque dans les petites rues de la ville. En effet, quelques personnalités y ont construit ou habité des maisons et l’on distingue plusieurs galeries d’art.

Et puis ouvrez l’œil sur les murs de ce musée à ciel ouvert qu’est Trouville; Savignac s’est amusé sur certains d’entre eux !